Le docteur Rakh annule les frais médicaux pour la naissance de filles dans son hopital

C’est un principe qu’il a lancé en 2012 et dont il a fêté les dix ans cette année, à grand renfort d’interviews dans la presse nationale pour dire aux familles indiennes que les vies des filles valent autant que celles des garçons. "Quand ma maternité a ouvert, explique-t-il à l’agence de presse ANIj’ai remarqué que lorsqu’une fille naissait, certaines familles hésitaient à venir la voir. Dans certains cas, la mère ne recevait aucune visite, une situation qui m’a révolté et m’a poussé à trouver une solution, pour rendre justice à ces filles et sensibiliser à l’égalité."

2 400 filles mises au monde gratuitement en dix ans

Effectivement, lorsqu’un garçon naît en Inde, la question de fêter son arrivée ne se pose pas. Ganesh Rakh explique que dans ces cas-là, tout le monde se presse autour du bébé, complimente la mère, apporte des cadeaux. Les filles, elles, ne sont pas fêtées. Synonyme de dot à constituer, et donc de sacrifices à faire, les cas où elles sont abandonnées dès la sortie de l’hôpital arrivent encore, même en 2022. Parfois, en apprenant qu’elles portent une fille, les femmes ne vont pas au bout de leur grossesse. D’après le ministère de la Santé, depuis la généralisation des échographies dans les années 1990, les avortements ont augmenté. Une étude du Pew Research Center a même estimé leur nombre à neuf millions sur les vingt dernières années.

D’où l’initiative du docteur Rakh de jouer à la fois la carte financière, avec la gratuité totale de la prise en charge, et la carte festive pour changer les mentalités, changer de perspective. En dix ans, il a vu naître plus de 2400 filles et fait sourire autant de familles. Une initiative qui en a inspiré d’autres, ailleurs en Inde, mais aussi en Asie et en Afrique, et qui rappelle que ce n’est pas le genre qui fait la valeur d’une vie, c’est la joie qu’on y met.

 

Article France Info 01-2023

Un village fauché par la terreur jihadiste fait  plus de 130 morts au Mali.

Le village de Diallassagou situé dans le cercle de Bankass près de la frontière avec le Burkina Faso a été attaqué par des membres de la katiba Macina.

 

Cet article est paru dans le journal Libération du 22 juin 2022article mali1

 

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D'après Jean mallon juin 2022

 

« Il n’y a pas de majorité « hindoue » en Inde »

            Le système des castes était conçu comme une forme d’apartheid racialisé et ritualisé pour assurer l’hégémonie des envahisseurs védiques aryaphones * et de leurs descendants sur la majorité des habitants du sous-continent.

            Dans cet ordre social millénaire, les basses castes et les intouchables n’avaient pas le droit d’apprendre les Véda. Ils étaient exclus de toutes les activités sociales et collectives , ainsi que des lieux de culte comme les temples et se voyaient refuser l’accès aux ressources, telles que la terre, l’eau potable et les routes. De plus, ils étaient confinés aux métiers héréditaires de leur caste. Les castes supérieures pouvaient ainsi exploiter le travail de ceux-là mêmes qui étaient exclus de la vie collective.

            Prétendre que cette idéologie raciste est la religion de ceux qu’elle a opprimés est une mauvaise plaisanterie : cela revient à dire que l’esclavage américain était une pratique religieuse consensuelle !...L’organisation féodale du pouvoir qui avait garanti la suprématie des hautes classes a été bouleversée par les réformes coloniales : éducation moderne, modèles d’emploi non traditionnels , lois contre la discrimination des castes et, à partir du XXe siècle, une autonomie croissante fondée sur la représentation proportionnelle. ..

            Partout, en Inde, les basses castes ont alors commencé à contester leur oppression, à critiquer les textes religieux des hautes castes et à se mobiliser en masse. C’est à partir de ce moment-là, vers 1911, que les hautes castes ont craint de perdre leur position dominante et jugé nécessaire d’inventer une majorité factice qu’ils pourraient représenter et diriger. La « majorité hindoue » est donc un canular, leur permettant de proclamer une catégorie religieuse qui incluait les basses classes, tout en maintenant la ségrégation et l’exploitation de ces dernières…

            L’hindouisme n’est pas une invention coloniale, il est plutôt issu des hautes castes manipulant les techniques coloniales, telles que le recensement.

            Gandhi a défendu le système des castes. Il l’a érigé comme étant le génie indien, la force d’âme et la source de la non-violence. Il faisait valoir que l’hindouisme n’avait aucun sens sans le système des castes. Sa non-violence exigeait l’interdiction des mariages mixtes et des repas mixtes, qu’il jugeait comme les forces maléfiques du métissage et de la modernité ...

              En Inde, les pogroms contre les « dalits » -les anciens intouchables-, les musulmans, les chrétiens, les sikhs se sont régulièrement produits avec le consentement tacite de l’Etat, même avant 2014. Ce phénomène s’est désormais intensifié. Les nationalistes hindous s’opposent aux conversions non par concurrence religieuse ou par haine des monothéismes, mais parce que, depuis le XIXe siècle, les castes inférieures et les tribus se sont converties à l’islam ou au christianisme pour échapper à l’oppression ou à l’humiliation des castes.

            L’ordre des castes est une réserve millénaire de richesse et de prestige pour les hautes castes qui ne peut pas être inversé par quelques années de discrimination positive. Les castes supérieures (moins de 10% de la population indienne) occupent 90% des postes dans le monde universitaire, les médias, le système judiciaire. Nos centres urbains sont des cartes héritées de ces inégalités, de la pauvreté et de l’humiliation. On reproche à l’occidentalisation d’éloigner les indiens de la tradition, par exemple quand de jeunes amoureux transgressent les barrières traditionnelles de castes. Ils s’exposent alors aux pires dangers : des couples mixtes sont régulièrement tués pour protéger la pureté des castes. L’ordre des castes est son propre moyen et sa propre fin. L’Inde attend toujours une révolution sociale, après laquelle on pourrait dire qu’il s’agit d’un pays indépendant, peuplé de gens libres.

                     

  * Les Veda ont été composés entre 1500 et 500 av. J .C. par un peuple qui, après avoir migré depuis les steppes eurasiatiques, a envahi le sous-continent. Ils se sont nommés « Aryens » et ont appelé leur langue « arya » (liée au sanskrit classique). Leur religion peut être nommée à juste titre « védique ». Ces textes révèlent déjà la hiérarchie imposée à la population de cette époque, considérée comme des serviteurs, des esclaves et des démons.

JF Caperan février 2022

(D’après une interview de la philosophe indienne Divya DWIVEDI, paru dans le Monde du 14 février 2022)

           

Au Mali Les disparus des prisons sécrétes

Article paru sur le Journal Le Monde 12/2021 

JF Caperan

 

article JF le monde1B

 

« Un prix Nobel de l’architecture pour un Indien »

« A 90 ans, l’architecte indien Balkrishna Vithaldas DOSHI a obtenu le prix Pritzker 2018, a annoncé le 7 mars , depuis Chicago, Tom PRITZKER, président de la Fondation Hyatt, qui a créé en 1979, cette distinction considérée comme l’équivalent d’un « Nobel de l’architecture ». C’est la première fois qu’un maître d’œuvre indien remporte ce prix doté de 100 000 dollars (environ 80 000 euros). Le jury que préside l’Australien Glenn MURCUTT, lauréat en 2002, a voulu « rendre hommage au caractère exceptionnel de son architecture, dont rendent compte plus d’une centaine de bâtiments qu’il a réalisés, à son engagement et à son dévouement envers son pays et les communautés qu’il a servies, ainsi qu’à son infuence en tant qu’enseignant. »

Balkkrishna DOSHI, né à Pune (Maharahtra) en 1927, a été également urbaniste et enseignant pendant plus de soixante ans. Formé à l’école d’architecture Sir JJ de Bombay, il a su, tout au long de sa carrière, concilier l’héritage des modernes avec les attendus de sa propre culture. « Je dois ce prix prestigieux à mon gourou, LE CORBUSIER. Il m’ amené à questionner l’identité et m’a poussé à découvrir de nouvelles expressions contemporaines adoptées régionalement pour un habitat holistique ( = considéré dans sa globalité) durable. »

En effet, entre 1951 et 1954, il a travaillé à Paris dans l’agence de LE CORBUSIER. Il en sera le représentant jusqu’en 1959 à Chandigarh (Pendjab) et à Ahmedabad (Gujarat) où il a réalisé l’essentiel de son œuvre et où est implantée son agence…En 1962, il y conçoit l’Institut d’Indologie, son premier bâtiment d’importance. Si des composantes propres au contexte indien nourrissent le projet (DOSHI dit avoir étudié les traits architectoniques d’un monastère hindou), l’influence de LE CORBUSIER est encore très forte….

L’habitat supposé informel en Inde est en réalité structuré, équilibré, tissé d’échanges et de solidarité. Le principal travail de sa vie a été, explique-t-il, « de fortifier les sans-grade, les gens qui n’ont rien. » Cette préoccupation est au cœur du projet d’habitations à loyer modéré d’Aranya, à Indore (Madhya Pradesh), son grand œuvre humaniste et social. Le site de 85 ha qui accueille 80 000 personnes, parvient à recomposer les usages d’une cité autonome grâce à un système de maisons reliées à de multiples cours connectées elles-mêmes à un tracé de voies labyrinthique. Le projet achevé en 1989, a obtenu le prix Aga-Khan d’architecture…. »

                                                          

JFC (d’après Le Monde du 9 mars 2018)